[FR] De l'importance du mental.

Je vais commencer par resituer le contexte. Wilfried Moissonnier, très beau jeune homme (non ? bon tant pis ! ) vivant pour le plaisir de rider, et camouflant son manque de confiance en lui par une épaisse carapace d'ironie, se sent en fait faible, est faible. Comme dis juste avant, je (oui, parler de moi à la troisième personne ça va bien deux ou trois lignes ! ) manque de confiance en moi, je le sais. Pourquoi ? Je ne le sais pas. Ou plutôt ne le savais pas.

A l'occasion d'une bonne séance de remontrances comme je n'en ai que trop peu subi au cours de ma vie (au sujet d'un ratio paroles / actes "un poil" trop élevé...), j'ai pu me rendre compte que j'ai peur. Peur de l'échec. Tu combines cette peur avec un caractère ultra-exigeant et tu obtiens un mélange instable, fais de rêveries et de non-engagement. A la manière de la TNT dont le caractère explosif n'a été défini que bien plus tard après son invention, ce mélange a éclaté.

Avec l'aide de quelqu'un qui se reconnaîtra j'ai réellement pris conscience de mon plus gros point faible, celui à cause duquel je m'étais jusque-là condamner à errer de discipline en discipline, d'année de cirage de banc d'amphi en année de cirage de chaise de bureau. J'ai peur de l'échec. C'est à présent assimilé. Maintenant que je le sais, ou plutôt que je l'ai intégré, je me rends compte du point auquel ça me bride. Certes ma mémoire de poisson rouge ne vient pas de ça, certes ma procrastination surdéveloppée n'est pas due qu'à ça.

Bref, je m'interdis beaucoup de choses. Beaucoup trop de choses, et notamment la réussite, et ce par cette peur. Jusque-là ma chance elle aussi surdéveloppée a réussi à compenser, mais celle-ci m'a donné l'occasion de connaître mes faiblesses, à moi d'y remédier !

Et donc, quatre paragraphes de psychologie de groupe et de pleurnichage plus tard, j'en viens à l'essentiel : mon heure quarante de training de ce soir.

La différence est... étonnante. Presque consternante. J'ai autant progressé en 100 minutes qu'en 11 mois (car il y'a un une personne du même cercle de connaissances avait réussi à me faire comprendre qu'il fallait que j'ose les choses malgré ma peur de la chute). Des rochers maîtrisés, du transfert sur la roue avant, du crochetage sur rocher en arête (une première !), et le fin du fin, la cerise sur le gâteau :

Extrait de Behind - S01E02
Si vous regardez le mur, on a (du bas vers le haut) une partie en positif surplombée par un beau bloc de 25 cm d'épais qui arrive à l'aplomb de cette partie à 50°. Ce qui en fait une marche un peu négative, et surtout impressionnante malgré le chanfrein sur l'arête sommitale qui aide bien.
Jusque-là, j'imaginais un jour peut-être oser essayer (ce qui fait approximativement dans trois ans...) le deux-temps sur une telle marche.
Ce soir, non seulement je l'ai tenté, mais surtout je l'ai sorti ! La deuxième immense satisfaction du training donc. Alors que je stagnais aux alentours d'un mètre j'ai ce soir sorti 1m10 en latéral (et des deux côtés s'il vous plait ! ) et 1m30 en deux-temps. Ainsi que du transfert roue avant et du positionnement et crochetage sur du rocher.

Merci.